Commémoration de l'assassinat du Président Laurent-Désiré Kabila en République Démocratique du Congo
L'anniversaire de l'assassinat du président Laurent-Désiré Kabila est une date d'une importance capitale dans le calendrier mémoriel de la République Démocratique du Congo (RDC). Ce jour ne marque pas seulement la fin tragique d'un chef d'État, mais symbolise également un tournant décisif dans l'histoire politique contemporaine du pays. Laurent-Désiré Kabila, affectueusement surnommé le « Soldat du Peuple » ou « Mzee », reste une figure emblématique de la résistance et de la souveraineté nationale. Sa mort, survenue dans des circonstances dramatiques au sein même du palais présidentiel, a laissé une empreinte indélébile dans la conscience collective des Congolais.
Cette commémoration est un moment de recueillement national. Elle permet aux citoyens de réfléchir sur l'héritage politique de celui qui a renversé le régime de Mobutu Sese Seko en 1997. Pour beaucoup, Kabila représentait l'espoir d'un Congo libéré des influences extérieures et maître de ses propres ressources. Chaque année, le pays s'arrête pour honorer sa mémoire, revisiter ses discours nationalistes et évaluer le chemin parcouru depuis ce jour fatidique de janvier 2001. C'est une journée où le patriotisme est mis à l'honneur, rappelant le sacrifice d'un homme qui a consacré sa vie à la lutte révolutionnaire.
L'essence de cette journée réside dans la transmission de l'histoire aux jeunes générations. Dans les écoles, les médias et les cercles politiques, on relate les exploits de la rébellion de l'AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) et les défis auxquels Kabila a fait face durant sa brève mais intense présidence. C'est un temps pour l'unité nationale, où l'on se souvient que la stabilité politique est un bien précieux et souvent fragile. La figure de Mzee Kabila continue d'inspirer divers courants politiques qui se réclament de son nationalisme intransigeant.
Quand aura lieu la commémoration en 2026 ?
En 2026, la commémoration de l'assassinat du Président Laurent-Désiré Kabila sera observée avec la solennité habituelle à travers toute l'étendue de la République Démocratique du Congo.
Date : January 16, 2026
Jour de la semaine : Friday
Compte à rebours : Il reste exactement 13 jours avant cette commémoration.
La date de cette commémoration est fixe. Elle a lieu chaque année le 16 janvier, date anniversaire de l'attentat qui a coûté la vie au président au Palais de Marbre à Kinshasa. Bien que les événements officiels puissent parfois s'étendre sur plusieurs jours, le 16 janvier demeure le point focal des hommages nationaux.
Histoire et Origines : Le drame du Palais de Marbre
L'histoire de cette commémoration remonte au 16 janvier 2001. Ce jour-là, la République Démocratique du Congo et le monde entier apprenaient avec stupeur que le président Laurent-Désiré Kabila avait été la cible d'un attentat. Les faits se sont déroulés en plein après-midi, dans son bureau du Palais de Marbre, une résidence officielle située dans la commune de Ngaliema à Kinshasa.
Le déroulement de l'assassinat
Selon les rapports officiels et les témoignages de l'époque, le président Kabila était en pleine séance de travail, discutant d'un sommet imminent avec la France, lorsqu'il a été approché par l'un de ses gardes du corps, un jeune homme de 18 ans nommé Rashidi Mizele (parfois identifié sous le nom de Rashidi Kasereka). Ce dernier a tiré quatre coups de feu à bout portant, atteignant le président à l'abdomen. Le tireur a été immédiatement abattu par les autres membres de la garde présidentielle alors qu'il tentait de s'enfuir du palais.
L'assassinat a plongé le pays dans une incertitude totale. Pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, le sort exact du président est resté entouré de mystère. Alors que des sources diplomatiques annonçaient son décès rapide, les autorités congolaises ont d'abord affirmé qu'il était seulement blessé et transféré au Zimbabwe pour des soins intensifs. Ce n'est que le 18 janvier 2001 que son décès a été officiellement confirmé par le gouvernement congolais.
Les dessous de l'opération "Mbongo Zero"
Les enquêtes et les récits historiques ont révélé que cet assassinat n'était pas l'acte d'un déséquilibré isolé, mais le résultat d'un complot plus vaste connu sous le nom d'opération « Mbongo Zero ». Cette conspiration aurait été organisée par un groupe d'anciens enfants soldats, les célèbres kadogos
, qui avaient accompagné Kabila lors de sa marche vers Kinshasa en 1997. Ces soldats se sentaient trahis par le président, l'accusant d'avoir délaissé ses compagnons de lutte originels au profit de nouvelles alliances politiques.
Les comploteurs s'étaient réunis à Brazzaville au début du mois de janvier 2001 pour finaliser leur plan. Leur motivation principale, selon leurs propres dires, était une réaction de vengeance après que Kabila eut rencontré Paul Kagame, le président rwandais, alors que le Rwanda était perçu comme l'agresseur principal de la RDC à cette époque. Malgré de nombreuses théories suggérant des implications étrangères (notamment du Rwanda, de l'Ouganda ou de puissances occidentales), des investigations approfondies, notamment par des médias comme
Le Monde
, ont conclu à une dynamique interne de mutinerie et de trahison au sein de la garde rapprochée.
La portée politique et la succession
L'assassinat de Laurent-Désiré Kabila a provoqué un séisme politique. Arrivé au pouvoir en 1997 après une campagne militaire fulgurante qui a mis fin au règne de 32 ans de Mobutu, Kabila avait immédiatement rebaptisé le pays « République Démocratique du Congo » (anciennement Zaïre). Sa présidence a été marquée par la « deuxième guerre du Congo », un conflit complexe impliquant plusieurs nations africaines et de nombreux groupes rebelles.
Sa mort a créé un vide sécuritaire dangereux au milieu d'une guerre civile. Cependant, la transition a été étonnamment rapide. Dix jours seulement après l'annonce officielle de son décès, son fils, le général-major Joseph Kabila, a été investi président de la République le 26 janvier 2001. Cette succession a permis de stabiliser temporairement le régime et a ouvert une nouvelle ère diplomatique qui mènera finalement aux accords de paix de Sun City et aux premières élections démocratiques du pays en 2006.
Comment les Congolais commémorent ce jour
La commémoration du 16 janvier est marquée par une atmosphère de dignité et de respect. Contrairement à d'autres fêtes nationales plus festives, celle-ci est centrée sur le souvenir et l'hommage funèbre.
Cérémonies Officielles
Le point culminant des célébrations officielles se déroule à Kinshasa, au Mausolée de Laurent-Désiré Kabila, situé juste devant le Palais de la Nation. Le président en exercice, les membres du gouvernement, le corps diplomatique et la famille Kabila s'y recueillent pour déposer des gerbes de fleurs. Une garde d'honneur militaire rend les hommages, et des prières œcuméniques sont souvent organisées pour le repos de l'âme de l'illustre disparu.
Médias et Culture
Les chaînes de télévision nationales et privées consacrent une grande partie de leur programmation à la vie de Mzee. On rediffuse ses discours célèbres, notamment ceux où il appelait les Congolais à « se prendre en charge » et à ne jamais trahir le Congo. Des documentaires retracent son parcours, de ses maquis dans l'Est du pays jusqu'à son accession à la magistrature suprême. Des chansons patriotiques composées en son honneur par des artistes comme l'orchestre OK Jazz ou d'autres musiciens populaires résonnent dans les rues.
Conférences et Débats
Dans les universités et les centres culturels, des conférences-débats sont organisées pour analyser l'idéologie de Kabila : le « Kabilisme ». Les intellectuels et les politiciens discutent de la pertinence de ses idées sur l'autosuffisance alimentaire, la défense de l'intégrité territoriale et la résistance contre l'impérialisme. Pour les partisans du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), c'est une journée de mobilisation idéologique intense.
Traditions et Symboles
Plusieurs symboles sont associés à cette journée de commémoration :
- Le Mausolée : Ce monument imposant en forme de poing levé (bien que l'architecture actuelle soit plus sobre) est le lieu de pèlerinage par excellence. Il symbolise la force et la détermination.
- Le port du costume et de la tenue de deuil : De nombreux Congolais, particulièrement les officiels et les membres de la famille politique de Kabila, portent des vêtements sombres ou des pagnes imprimés à l'effigie du défunt président.
- Les slogans : Les phrases « Ne jamais trahir le Congo » et « Prenez-vous en charge » sont répétées comme des mantras tout au long de la journée. Elles servent de rappel des principes directeurs de sa lutte.
- Le lien avec le 17 janvier : Il est important de noter que le 16 janvier est immédiatement suivi par le 17 janvier, qui commémore l'assassinat d'un autre héros national, Patrice Emery Lumumba. Ces deux journées forment un bloc mémoriel appelé « les journées des héros nationaux », renforçant le sentiment de sacrifice pour la patrie.
Informations Pratiques pour les Citoyens et les Visiteurs
Si vous vous trouvez en République Démocratique du Congo le January 16, 2026, voici quelques éléments à garder à l'esprit :
Ambiance générale : L'ambiance est calme. Ce n'est pas un jour de festivités bruyantes ou de réjouissances populaires comme le 30 juin (Indépendance). C'est un jour de réflexion.
Accès aux sites : L'accès au Mausolée de Laurent-Désiré Kabila peut être restreint durant la matinée en raison des cérémonies officielles. Il est généralement ouvert au public dans l'après-midi, permettant aux citoyens de venir se recueillir individuellement.
Transports : À Kinshasa, la circulation peut être perturbée aux abords du Palais de la Nation et sur le Boulevard du 30 Juin en raison des cortèges officiels. Il est conseillé de planifier ses déplacements à l'avance.
Couverture médiatique : C'est le meilleur moment pour comprendre l'histoire politique du pays en suivant les émissions spéciales à la radio et à la télévision.
Est-ce un jour férié officiel ?
Oui, le 16 janvier est un jour férié légal en République Démocratique du Congo.
En tant que tel, voici ce qu'il faut savoir sur le fonctionnement du pays ce jour-là :
Administrations publiques : Tous les bureaux de l'État, les ministères et les services administratifs sont fermés.
Écoles et Universités : Les établissements d'enseignement sont fermés.
Secteur privé : La plupart des entreprises, banques et commerces ferment leurs portes pour permettre aux travailleurs de commémorer cette journée, bien que certains services essentiels puissent rester opérationnels.
- Ouverture des services : Les hôpitaux, les pharmacies de garde et certains marchés de produits alimentaires restent généralement ouverts, mais fonctionnent souvent avec un effectif réduit.
Ce jour férié est d'autant plus significatif qu'il s'inscrit dans une période de deux jours chômés consécutifs (le 16 et le 17 janvier), créant un pont mémoriel profond qui unit les deux figures de proue du nationalisme congolais : Kabila et Lumumba.
L'héritage de Mzee Laurent-Désiré Kabila aujourd'hui
Plus de deux décennies après sa disparition, l'ombre de Laurent-Désiré Kabila plane toujours sur la politique congolaise. Son héritage est complexe et fait l'objet de débats passionnés. Pour ses admirateurs, il a été le sauveur qui a libéré le pays de la dictature mobutiste et qui a eu le courage de dire « non » aux puissances étrangères qui voulaient dicter la conduite du Congo. On lui crédite la tentative de restaurer la dignité nationale et d'avoir initié des réformes structurelles malgré le contexte de guerre.
Pour d'autres, sa période au pouvoir a été marquée par une transition difficile vers la démocratie et des tensions régionales accrues. Cependant, au-delà des clivages politiques, il existe un consensus national sur son statut de "Héros National". Son assassinat est perçu comme une tragédie qui a privé le pays d'une vision de développement endogène.
La commémoration en 2026 sera une nouvelle occasion pour le peuple congolais de réaffirmer son attachement aux valeurs de souveraineté et d'unité nationale que Kabila a défendues jusqu'à son dernier souffle. Dans un pays qui continue de faire face à des défis sécuritaires majeurs, particulièrement dans sa partie Est, le message de Mzee sur la défense de la patrie reste plus que jamais d'actualité. Chaque année, le January 16, 2026, le cri de ralliement « Ne jamais trahir le Congo » résonne comme un serment renouvelé par toute une nation envers son passé et son avenir.